La médiathèque Valentin Haüy

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Dans le cadre d’une étude pour la Maison Départementale des Personnes Handicapées de Cergy, j’ai eu il y a quelques jours l’occasion de visiter la médiathèque Valentin Haüy, située dans le 7e arrondissement de Paris.

La médiathèque s’adresse à toute personne rencontrant des problèmes pour lire des imprimés ordinaires, qu’il s’agisse de personnes malvoyantes ou présentant un handicap moteur, avec un taux d’invalidité égal ou supérieur à 80%.

Elle est l’unique médiathèque physique de prêt de livres audio en France en accès libre. L’accès libre permet aux personnes de choisir et d’emprunter tous les ouvrages souhaités, sans tabous (plus facile d’emprunter de la littérature érotique sans avoir à en référer à un bibliothécaire).

Depuis un an, la médiathèque fabrique des livres audio sous format DAISY, gravés sur cd gratuitement à la demande. Le format daisy est un standard international permettant une navigation aisée à l’intérieur du texte, par la sauvegarde du point d’arrêt dans la lecture.

La médiathèque prête 130 000 documents par an, et insiste sur la qualité de "l’abondance de l’offre" proposée aux usagers. Contrairement à certaines bibliothèques publiques, qui possèdent une dizaine de livres audios rapidement consultés par des utilisateurs frustrés, la médiathèque se targue de mettre à disposition "plus de livres qu’on ne peut en lire dans toute une vie". En effet, entre les livres audio disponibles à la demande et au téléchargement,  la presse disponible en synthèse vocale, la bibliothèque de livres en braille, la bibliothèque de livres en gros caractères, et la vidéothèque de films audio-décrits, la médiathèque Valentin Haüy propose un volume de documentation "bien au delà des besoins possibles d’une personne". C’est bien là ce qui fait sa qualité, en plus de la médiation culturelle assurée par son personnel, à moitié composé de personnes malvoyantes.

Au niveau spatial, la médiathèque démontre qu’il est possible d’associer accessibilité et inclusion, avec un mobilier classique de bibliothèque, adapté au handicap. Pas de recoins, un quadrillage rigoureusement assuré par la disposition orthogonale des rayonnages, des coins de table arrondis, avec des flancs pleins, afin d’être repérables sur toute la longueur par les cannes. Pas de repérage au sol, mais des contrastes forts entre le sol, les murs et les portes. Et le non moins classique "antivol" à l’entrée, comme dans toutes les bibliothèques, car ici, on ne porte pas de présupposé moral sur les usagers.

En somme, un service doté d’un espace d’une grande valeur, sur les plans de la philosophie de l’établissement, et du regard porté aux personnes, et sur le plan de la qualité de service : recevoir gratuitement à domicile et en moins de 48h, n’importe quel livre de son choix en format audio. Un message à faire passer autant que possible, car la médiathèque n’a pas encore rencontré le million de personnes malvoyantes en France.

Plus d’informations sur la médiathèque ici.

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N’ayons pas peur des mots… mais restons prudents – I

Ce billet est le premier d’une série qui a pour vocation d’éclaircir le sens de certains mots employés sur ce blog.

Pour commencer, l’intitulé du blog, "innovation sociale". Autant l’innovation dite "technologique" est relativement bien cernée, autant les autres champs d’innovation sociale et territoriale demeurent plus flous. Je me risque ici à une tentative d’inventaire des questions posées par ce terme, avant d’en proposer une définition dans un prochain post.

Le terme "innovation sociale", traduit sans complexes de l’anglais "social innovation" fait couleur beaucoup d’encre :

- s’agit-il d’une étiquette différente pour désigner des choses qui se faisaient déjà ?

- s’agit-il de qualifier "tout ce qui ne relève pas de l’innovation technologique" ? (alors que, si l’on en croit la définition du Petit Robert,  toute innovation serait "sociétale" car « relative à une société donnée », et forcément localisée sur un territoire)

- s’agit-il d’ une nouvelle approche des partenariats privé-public ?

Plus généralement, on peut se demander ce que recouvre ce terme, à quelles fins, et depuis quel point de vue.

A y regarder de plus près, quand le design parle d’ "innovation sociale", « sociale » renvoie davantage à « sociétale ». Le mot polysémique "social" est déjà partagé dans de nombreux domaines, entres autres les entreprises (plan social, partenaires sociaux), les chercheurs en sciences (sociales) et les geeks des réseaux (sociaux). Aussi, "social" peut renvoyer à "non-profit", c’est à dire à un travail réalisé sans contrepartie financière. Alors que "sociétal" renverrait davantage à un groupe d’individus identifiés…

 La suite au prochain épisode.

En attendant, pour aller plus loin :

- En 2000, l’Organisation de Coopération et de Développement Economique (OCDE) propose une définition, souvent citée dans les débats et dans les publications consacrés au sujet. L’innovation sociale y est présentée comme un ensemble d’activités apportant des "réponses nouvelles aux problèmes sociaux, qui améliorent le bien-être individuel et collectif". (accéder ici à l’article complet)

- Le recueil « Comprendre l’innovation sociale », Hubert Guillaud, 2011 http://www.publie.net/fr/ebook/9782814505032/comprendre-l-innovation-sociale

- Une interview de Philippe Durance, professeur et chercheur au sein du Laboratoire interdisciplinaire de recherche en sciences de l’action au CNAM      http://www.fondation-macif.org/Difficile-de-concilier-cohesion

- Le blog de Thibault Lescuyer, journaliste chez Youphil                                            http://lien-social.blogspot.com/

- Un article de ParisTech Review http://www.paristechreview.com/2011/12/16/innovation-sociale-economie-demain/

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Le salon Joséphine pour la beauté des femmes

Créée en 2006 par Lucia Iraci, coiffeuse professionnelle, l’association Joséphine pour la beauté des femmes a pour mission de réconcilier les femmes les plus démunies avec leur image, et de leur redonner plaisir à prendre soin d’elles-mêmes.

Les femmes viennent pour se faire coiffer, recevoir des soins du visage, massages, manucure, épilation, et des conseils vestimentaires, pour un entretien d’embauche par exemple.

Le salon est situé au 28, rue de la Charbonnière, en plein coeur de la Goutte d’Or.

http://www.josephinebeaute.fr/

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Parution du "Petit guide d’avancée en âge (à l’intention des personnes âgées et de leurs proches)"

Un livre de Laura Treich et Stéphanie Rajalu dans la collection "Declic’psy" aux Éditions Ellipses

Le Petit guide d’avancée en âge à l’attention des personnes âgées et de leurs proches est un ouvrage original et pratique qui propose une réflexion et des éclaircissements sur les effets du temps qui passe.

Confrontées au quotidien à l’homme vieillissant dans leur pratique professionnelle, les auteurs ont cherché à inventorier les principales théories psychiques du vieillissement, ainsi qu’à aborder les questions que peuvent se poser les personnes amenées à prendre soin de leurs parents, et plus largement toute personne confrontée aux effets du vieillissement.

Sans être exhaustif, cet ouvrage constitue un recueil d’informations sur les différents services et aides existants afin de façonner un outil utile dans les divers choix à faire quand l’avancée en âge rend plus vulnérable. En effet, mieux s’informer sur le vieillissement peut permettre de mieux l’anticiper afin de garantir l’intégrité et la dignité de la personne humaine.

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Retour sur la première partie de l’expédition "confiance numérique"

J’assistais cet après-midi à la présentation des résultats d’une recherche menée pendant huit mois entre la Fing et la Fondation Télécom sur la "confiance numérique". Une "confiance" apparemment mise à rude épreuve par l’économie numérique, ses transactions, ses programmes de fidélité, ses rencontres, etc. On n’a pas tardé à élargir le sujet, comprenant qu’il s’agissait d’abord d’une "crise de confiance" envers les institutions, médias, experts…donc pas seulement un problème de sécurité.

Pour décrire les problématiques soulevées lors de cette conférence, j’emprunterai les pensées de Louis Quéré, sociologue et directeur de recherche au CNRS, qui est intervenu avant le débat final, et a dépoussiéré cette notion de "confiance", qui avait jusque-là été davantage décrite que critiquée.

Si l’on décrit la confiance comme une relation inter-personnelle (celui qui fait confiance et celui qui se montre digne de confiance), peut-être exagérons-nous trop la place de la confiance dans la vie sociale. En effet, beaucoup de situations s’opèrent dans la vie courante grâce à des "substituts" de confiance : traverser la rue au beau milieu de la circulation ou encore confier son enfant au bus scolaire. Il s’agit en fait de "coopérations" qui rendent possible des activités d’échange.

Aussi, la nécessité absolue et la volonté affichée de transparence peuvent mener à un phénomène récemment désigné comme une "culture de la défiance" ou encore une "culture de la suspicion" par Onora O’Neill, philosophe et présidente du Noonan College à Cambridge. Elle est la première à affirmer, dans le cadre des Reith Lectures 2002 de la BBC, que la perte de confiance est en quelque sorte un cliché de notre époque, et que la question est soulevée chaque fois que l’on se retranche derrière des connaissances professionnelles. Elle développe l’idée que l’on est dans une société où prolifèrent les informations et que cette prolifération est l’une des causes de l’instauration d’une culture de la suspicion et de la défiance plutôt que d’une culture de la confiance. Dans la même veine, Michael Power, écrivain britannique, nomme ce phénomène « La société de la vérification», d’après le titre de son livre «The Audit Society», sous-titré «Rituels de vérification».

Alors, la transparence "trop polie pour être honnête" amène-t-elle l’effet inverse de ce qu’elle est censée produire, en sapant le sentiment de confiance ? Peut-être faudrait-il explorer les "mythologies de la confiance" plus en profondeur pour casser la transparence en tant qu’impératif, et engager les scénarios produits à la Fing dans de nouvelles directions.

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La maison des Babayagas

Pendant mes études,  j’avais eu l’occasion de rencontrer Thérèse Clerc, fondatrice, entre autres, de la Maison des Babayagas.

La Maison des Babayagas, c’est le projet anti-thèse du "village sénior" tels qu’on les a déjà vus dans "Zone Interdite" par exemple. Un lieu de vie auto-géré pour des femmes seules, ou devenues veuves, qui ont le projet de vivre en communauté une nouvelle page de leur vie.

J’avais été particulièrement intéressée par le positionnement fort des futures habitantes du lieu : « changer l’imaginaire social de la représentation des vieux ». Ce positionnement s’incarne à travers quatre "piliers" :

"La Maison des Babayagas sera :

Autogérée : nous gérerons notre maison nous-mêmes, n’acceptant d’aide extérieure que le moins possible et pour pallier nos forces déclinantes, l’attention soutenue aux soins du corps – gymnastique, thérapies, massages – tout à la fois plaisir et exigence, y aidant grandement.

Solidaire : tout en respectant et préservant l’intimité de chacune, nous organiserons une mutualisation de nos moyens, nous aidant à bien vieillir ensemble et à aborder la mort dans la sérénité.

Citoyenne : nous serons ouvertes sur la cité, actives autour de nous autant que nous le pourrons, organisant des échanges réciproques, articulant ainsi : Vie Politique, Vie Sociale et Vie Culturelle. (reconstruire des solidarités de voisinage)

Ecologique: la Maison des Babayagas sera construite avec un impératif d’économie d’énergie et de respect de l’environnement. Dans son fonctionnement, nous veillerons particulièrement à une gestion rigoureuse de l’eau, des énergies, des déchets."

Le projet, d’un montant total de 4 millions d’euros, est financé par la municipalité de Montreuil, le Conseil général, le Conseil régional, l’Etat, l’office HLM… Chaque locataire payera le loyer avec sa pension de retraite, directement à l’Office HLM. Comme pour des logements sociaux, les loyers varient selon les ressources financières. Au 35 m² avec cuisine de chaque studio s’ajoutent 100 m² de locaux communs, et il a également été prévu cinq appartements pour des jeunes de moins de 25 ans.

Pour en savoir plus, regardez : http://youtu.be/0pY9Mr8k_RU

et bien sûr : http://lamaisondesbabayagas.fr/

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